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COMMUNICATION DU MINISTRE MATAR BA À L’OCCASION DU WEBINAIRE MINISTÉRIEL

COMMUNICATION DE MONSIEUR MATAR BA MINISTRE DES SPORTS DU SENEGAL À L’OCCASION DU WEBINAIRE MINISTERIEL SUR « PHARMACOPEE TRADITIONNELLE, VALEURS_DU_SPORTS ET COVID 19 : UNE PERSPECTIVE AFRICAINE

Je voudrais, à l’entame de mon propos et au nom de Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal, remercier très sincèrement Mr YAO YDO, Directeur régional de l’UNESCO et représentant de l’UNESCO en Afrique de l’Ouest pour l’amabilité qu’il m’a fait en portant son choix sur ma modeste personne.

C’est donc en ma double qualité de Ministre des Sports du Sénégal et de Vice-Président du Bureau de la 7ème conférence des parties à la Convention internationale contre le dopage dans le sport que je prends part au webinaire ministériel autour de la thématique : « Pharmacopée traditionnelle », valeurs du sport et COVID 19 : une perspective africaine. »

En effet, une réflexion prospective sur ce sujet est d’une brûlante actualité dans la perspective de prendre en charge les implications médicales, juridiques, sociales et sportives de la pharmacopée traditionnelle africaine, particulièrement en cette période de crise de COVID 19.

Les enjeux économiques de la pandémie sont tout aussi cruciaux dans quasiment tous les secteurs de la vie sociale, particulièrement dans le domaine du sport devenu, de plus en plus, un secteur qui appelle d’importants investissements.

Et il est essentiel de tout mettre en œuvre, dans ce cadre, pour préserver la santé des athlètes, obligés, eux aussi, de réaliser de hautes performances pour conserver leur statut, mais aussi leurs sponsors.

Inutile de mentionner que bien souvent, des athlètes, des dirigeants, des encadreurs véreux ont fait ou tenté de faire du dopage en utilisant la pharmacopée traditionnelle.

Pour rappel, en 1978, à l’occasion de la réunion d’Alma Ata, l’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu l’utilité des médecines traditionnelles pour les soins de santé primaire dans les pays du Sud et pour les besoins en médecine complémentaire ou parallèle dans les pays du Nord.

En outre, l’Union Africaine avait adopté par décision AHG/DEC 164, un plan d’actions de la décennie de la médecine traditionnelle (2000–2010) avec comme objectif majeur, la reconnaissance de la médecine traditionnelle.

Au Sénégal, pays où plus de la moitié de la population, de l’ordre de 70% à 80%, utilise la pharmacopée traditionnelle, le Conseil Economique, Social et Environnemental avait émis un avis (l’avis n°2016.03 du 30 mai 2016) et par lequel, il recommande au Gouvernement la législation de la pratique de la médecine traditionnelle, la normalisation et la promotion de la pharmacie traditionnelle, l’immatriculation et le renforcement des capacités des praticiens.

Ces mesures et ces recommandations sont d’autant plus importantes  qu’elles constituent, en vérité, une réponse opportune à la      marginalisation plus ou moins prononcée dont est victime la médecine traditionnelle et ses praticiens.

Et cela, dans un contexte d’interrogation sur le système de santé d’origine occidentale dont les failles et les insuffisances n’ont jamais été aussi visibles qu’avec la COVID 19.

Cette situation, il faut le reconnaître, tend à augmenter les dangers pour les athlètes qui peuvent être amenés à utiliser la pharmacopée traditionnelle, surtout par le fait que les mesures de protection contre les produits dopants font souvent défaut dans nos pays du Sud ; lesquels pays manquent aussi, souvent, de moyens adéquats pour lutter contre les addictions.

En résumé donc, nous estimons que pour corriger tous ces disfonctionnements et aléas, il est essentiel d’instaurer un dialogue permanent et dynamique entre « Médecine traditionnelle » et « politique de lutte anti dopage » dans le cadre d’une stratégie globale de sauvegarde de l’intégrité du sport et de l’athlète.

En somme, il s’agit de s’entendre sur les mesures préventives et de lutte contre l’utilisation de la pharmacopée traditionnelle à des fins de dopage.

Une démarche conjointe de l’UNESCO et du mouvement sportif international auprès des Etats et de l’Union africaine pourrait être initiée, étudiée et opérationnalisée en vue de l’élaboration d’un cadre juridique protecteur et approprié à cet effet.

Les Jeux Olympique de la Jeunesse qui se tiendront dans notre pays en 2022 et qui suscitent déjà un vif intérêt pourraient être mis à contribution pour élargir et approfondir la réflexion afin de dégager, sur cette thématique de la plus haute importance, une position commune qui engagerait toute l’Afrique.

Tel est le propos liminaire que je souhaiterais apporter au débat de cet après-midi.

Je reste à votre disposition et vous remercie de votre attention.

NOTA BENE :

Ont pris part à cette réunion ministériel, Madame :

 – Ana Paula Da Silva Do Sacaramento, Ministre de la Jeunesse et des Sports d’Angola ;

Messieurs :

 – Daouda Azoupoiou, Ministre des Sports et des Loisirs du Burkina Faso ;

 – Ibrahim Nyelenkeh, Ministre des Sports de la sierra Leone ;

–  Zoegar Wilson, Ministre de la Jeunesse et des Sports du Liberia ;

–  Marcos Diaz, vice-ministre des Sports de la République Dominicaine et Président du Bureau de la Convention internationale contre le dopage ;

 – Georges Alfred Ki-Zerbo, Représentant de l’OMS en Guinée ;

 – Bouramah Ali Harouna, Secrétaire Général de la Confejes ;

 – Hamad Kalkaba Malboum, Président de la Confédération Africaine d’Athlétisme, — Edouard Matoko, Sous-directeur Général pour la priorité Afrique et les relations extérieures ;

 – Yao Ydo, Directeur région d’Abuja ;

– Rodney Swigelaar, directeur du Bureau africain de l’agence mondiale antidopage ;

– Marcellin Dally, Secrétaire de la Convention internationale contre le Dopage dans le sport.

 Mesdames :

 – Rosa Rakotozafy, directrice Générale des Sports du ministère de la Jeunesse et des sports de la République de Madagascar ;

 – Kady Kanouté Tounkara Athléte olympique (Basket), membre du Comité des athlètes de l’ACNOA, Présidente du Comité d’Education de l’agence Mondiale antidopage ;

 – Blessing Okagbare, Athlète nigériane, spécialiste du sprint court, de la longueur et du triple saut ;

 – Angela Melo, directrice des Politiques et des Programmes Secteur Sciences Sociales et Humaines à l’Unesco ;

 – Amira El Fadil, Commissaire de l’Union Africaine pour les affaires sociales.

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