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Le Président Macky Sall exhorte les municipalités à interdire les constructions dans les zones non aedificandi

Dans son adresse à la nation suite à la réunion d’urgence qu’il a convoquée mardi 8 septembre à la présidence de la République, pour apporter une riposte aux inondations, le Président Macky Sall, après avoir exprimé sa compassion et sa solidarité aux sinistrés et pris des mesures d’urgence chiffrées à 10 milliards CFA, n’a pas manqué de pointer du doigt une des causes principales, mais souvent occultée, des inondations à savoir l’urbanisation désarticulée.

« Il faut que nous changions de comportement. Le changement de comportement doit commencer par l’arrêt des constructions sur les voies d’eau. Il faut que nous respections également les tracés des cours d’eau et aussi faire de l’atténuation pour faire face à ces changements climatiques dont on ne connait pas réellement la portée », insistait alors le chef de l’Etat sénégalais.

En visite à Keur Massar jeudi 17 septembre, il a pris une décision forte en érigeant la zone fortement impactée par les inondations en département administratif, satisfaisant ainsi à une vieille doléance des populations.

« Des actions importantes vont être engagées dès la fin de l’hivernage à Keur Massar. Nous allons poursuivre et accélérer le programme décennal de lutte contre les inondations. D’ores et déjà une enveloppe de 30 milliards est disponible et les projets Keur Massar 2 et 3 pourront être engagés immédiatement.

« Nous avons beaucoup fait mais ce n’est pas suffisant et nous allons encore faire plus. Mais je voudrais demander aux maires, en tant qu’autorité, sous la supervision des autorités administratives, de cesser d’autoriser des lotissements dans les zones cuvette. Autrement, tout ce que nous ferons ne servira à rien. Les gens font des lotissements dans les lits de marigot. Ce qui fait que s’il y a une pluie, on a un spectacle désolant d’inondations », a regretté le chef de l’Etat.

Dans le cadre du budget, on aura 13 milliards CFA affectés à l’ONAS pour que ces deux projets soient interconnectés », a soutenu Macky Sall ajoutant qu’après sa tournée économique dans le bassin arachidier (19-21 septembre), il va coordonner une rencontre avec les différents ministères, avec les services de l’ONAS, de l’AGEROUTE et « tous les intervenants sur l’assainissement afin que les travaux puissent démarrer dès la semaine prochaine ».

Pour lui, les gens doivent « s’entraider, travailler ensemble, la main dans la main, pour que les zones non aedificandi ne soient plus autorisées pour l’habitat ».

C’est, à son avis, cela qui permettra de donner un sens aux actions qui sont en train d’être menées. « Enormément de ressources ont été injectées et nous allons continuer à le faire puisque, de façon globale, le département de Pikine est dans une zone marécageuse », dit-il.

« L’Etat sera à vos côtés dans l’urgence. Et l’urgence c’est de sortir les eaux des maisons et des quartiers et d’assurer également le saupoudrage pour éviter les maladies. C’est également apporter l’assistance aux familles en termes de ressources financières, en termes de vivres.

Cette dernière opération tout comme le pompage et les saupoudrages ont déjà commencé dès le déclenchement du plan national ORSEC », a-t-il encore dit.

Le Sénégal a en effet rarement connu des inondations de cette ampleur, provoquées par des trombes d’eau emportant presque tout sur leur passage.

Selon le ministre de l’Hydraulique, Serigne Mbaye Thiam, il est tombé en un seul jour, le samedi 5 septembre, plus de pluie que pendant trois mois d’hivernage normal.

Son collègue de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, qui s’est rendu dans la banlieue pour constater les dégâts causés par les eaux, fait état d’un pic de 216 mm enregistré à Sokone dans la période du 4 au 8 septembre.

Linguère qui dépassait rarement 100 mm de pluies, en est actuellement à 700 mm, a encore relevé le ministre.

« Les gens vivent dans des points bas et dans les endroits où il n’y a pas de système d’évacuation des eaux pluviales, les eaux sont piégées dans les exutoires », faisait remarquer, le 8 septembre, M. Ndiaye  sur le plateau d’une chaine de télévision privée.

Près de 2000 sinistrés ont été recensés dans le département de Pikine après les pluies exceptionnelles, notamment à Keur Massar, Yeumbeul Nord et Yeumbeul Sud.

La quasi-totalité – pour ne pas dire tous – des quartiers de la grande banlieue ne disposent pas de réseau d’assainissement et ne sont pas structurés, une situation qui favorise les inondations.

A Dakar par exemple, quelque 35 % des quartiers sont mal lotis, a encore clarifié M. Ndiaye précisant que « beaucoup d’investissements ont été déjà faits dans la lutte contre les inondations.

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