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Macky Sall exhorte le secteur privé à investir dans la filière lait pour assurer l’autosuffisance du pays

Le Président Macky Sall a exhorté samedi le secteur privé sénégalais à investir dans les fermes laitières, l’agriculture, l’élevage intensif et l’agrobusiness pour que le pays soit autosuffisant en lait, une denrée importée à 60 milliards par an.
« Nous allons continuer à faire de l’élevage traditionnel, mais pour (…) être autosuffisants en lait, il faut une nouvelle méthode de travail », a souligné le chef de l’Etat lors de la visite de sa ferme à Sarou Dia, un village situé dans la commune de Toubacouta, dans la région de Fatick (centre).
Obtenir de bons résultats pouvant mener à l’arrêt des importations et à l’autosuffisance dans la production de lait exige cependant « une nouvelle méthode de travail », a suggéré le Président Sall.
« Nous avons lancé la mécanisation de l’agriculture pour augmenter les capacités de production (…) Je vais renforcer les moyens du ministère de l’Agriculture pour que les coopératives agricoles et d’élevage puissent se moderniser », a-t-ajouté.
L’Etat est en effet en train de mettre en place une politique de promotion de la filière lait en misant à la fois sur l’amélioration de la production laitière et la productivité des animaux.
Selon le président du Collège national des producteurs laitiers du Sénégal, Dr El Hadji Dramé, « la tendance des importations peut être renversée en travaillant pour le développement de la filière lait local car le potentiel existe. Le potentiel est là pour satisfaire tous les besoins en lait du Sénégal par la production locale. Ce potentiel, ce sont les animaux. Nous avons 3 millions de bovins au Sénégal et 8 millions de petits ruminants. La main d’œuvre existe parce que les jeunes sont en train d’être formés dans les universités et centres de formation. Mais ce potentiel, il faut l’exploiter en levant certaines contraintes. La principale contrainte, c’est le manque d’organisation et de structuration de la filière. Avec la mise en place de l’Interprofessionnelle, je pense que cela sera bientôt un vieux souvenir », fait-t-il remarquer.
« La plus grande partie de notre système de production est basée sur la mobilité des animaux. Ce qui fait que les vaches donnent plus de lait en saison des pluies qu’en saison sèche. Nous avons une production saisonnière. Pendant la saison des pluies, on a beaucoup de lait, mais on n’arrive pas à valoriser l’existant. Par contre durant la saison sèche, on n’a pas assez de lait. En saison sèche, on voit que la vache produit entre 0,5 et 2 litres par jour alors qu’en saison des pluies, on a 3 jusqu’à 4 litres de lait par vache. Ce qui fait qu’on n’a pas assez de lait pour couvrir la demande nationale. Mais cela ne veut pas dire qu’on devrait importer du lait à base végétale de l’Europe pour combler le gap. Il faut que nous travaillions pour développer notre production », relève encore Dr Dramé.
Un des atouts du Sénégal est la santé animale, assurée par un bon encadrement de docteurs et techniciens vétérinaires jusque dans les départements. L’alimentation du bétail n’est cependant pas bien structurée et l’organisation des éleveurs laisse à désirer.
Mais en dépit des écueils, la production de lait s’est améliorée entre 2012 et 2020 grâce notamment à l’insémination artificielle et à l’exploitation des vaches laitières de races pures importées. L’absence de système performant de collecte met souvent les producteurs dans des situations difficiles parce qu’il n’est pas rare de les voir, dans le Ferlo, déverser leur lait sur le sol faute de pouvoir le conserver pour le commercialiser.
« Le Sénégal a besoin de 300 millions de litres de lait mais en produit aujourd’hui 220 millions. Les 60% sont produits par l’élevage local, les 40% peuvent être assurés par les races laitières c’est-à-dire de permettre à une vache de produire 10 litres de lait par jour en faisant de l’insémination artificielle dans notre cheptel pour avoir 100 mille métisses. Si chacune de ces 100 mille métisses donne 3000 mille litres de lait par an, cela nous fait 300 millions de litres. C’est un objectif qui est bien réalisable dans ce pays », assure-t-il.
Conscient de l’existence de ces énormes potentialités, le chef de l’Etat a invité, au cours de sa tournée dans les régions de Kaolack, Fatick et Kaffrine, les agriculteurs à s’organiser en coopératives pour recevoir du matériel agricole et des intrants subventionnés.
« Unis, vous serez plus forts » leur a-t-il dit.

@BIG

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